Je me rends compte que cela a fait un certain temps que je n'écris pas et du coup j'ai énormément de choses à raconter.
Tout d'abord, il me reste deux semaines à passer au travail (dont une de vacances...) avant le jour J. Ca c'est une excellente nouvelle car plus de deux mois après avoir posé sa démission, la démotivation au boulot commence à sérieusement se faire sentir. Vivement que cela se termine et que je puisse enfin passer à autre chose.
En ce moment c'est les vacances et il n'y a quasiment personne au boulot. Du coup l'un de mes supérieurs en profite pour venir se confier dans mon bureau... C'est fou tout ce qui change lorsqu'on annonce sa démission. J'ai démissionné car j'en avais ras le bol de cette entreprise d'une lourdeur impressionnante dans laquelle il me semble impossible de réaliser un travail de qualité. Les services administratifs ont tous les pouvoirs, et s'en servent pour inventer les règles stupides conduisant à la complexification des tâches. Et puis j'en parlerai dans un autre billet mais il y a un total manque de respect et de reconnaissance envers les personnes qui travaillent. Cela conduit à une démotivation générale des employés qui conduit à son tour à une très mauvaise ambiance de travail. Donc suite à ma démission la plupart de mes collègues sont venus discuter avec moi de mon départ. Et dans la plupart des cas je les ai sentis envieux car eux aussi ont de plus en plus de mal à supporter leur travail. Deux d'entre eux envisagent d'ailleurs de faire comme moi, en tout cas ils en parlent.
Le problème c'est qu'il faut avoir le courage de le faire (il parait que des gens se battent pour trouver une planque comme çà...), mais aussi la possibilité de pouvoir se passer de son revenu pendant un certain temps car pour beaucoup il faut payer la scolarité des enfants, le crédit sur la maison, le crédit sur la voiture, etc. J'ai au moins une chance c'est de n'avoir aucune de ces contraintes.
Cela fait donc la deuxième fois que mon chef de service vient se confier à moi. Et on sent qu'il a besoin de parler. Il a pensé pendant longtemps que son travail serait reconnu et se rend compte aujourd'hui qu'il n'en est rien. Ça ne doit pas être très agréable à vivre. Heureusement que dans mon cas je m'en suis aperçu à temps et que j'ai décidé de quitter la boîte... Ce gars-là est un mec intelligent, sûrement compétent dans son travail, mais il est complètement désabusé par le système. Son point de vue est le suivant : des castes se sont créées dans l'entreprise dans lesquelles les gens s'entraident et se favorisent mutuellement. Cela se passe principalement dans la partie administrative de l'entreprise, qui a du coup un pouvoir immense sur le reste des employés et décide de quasiment tout ce qui se passe dans l'entreprise. Et comme la hiérarchie n'a pas la poigne suffisante ou ne souhaite pas imposer une ligne directrice, chacun n'en fait qu'à sa tête, fait ce qui l'arrange. Bilan, le travail n'avance pas, on perd notre temps à faire une multitude de paperasses inutiles, et si on ne fait pas partie du club on a aucun n'espoir de se démarquer par la qualité de son travail. Pour lui, c'est la raison pour laquelle les personnes qui ont des choses à revendiquer ne le font pas, de peur d'être poussé vers le placard... Finalement, personne ne dit rien pour ne pas risquer sa carrière et la situation continue à se dégrader. Je trouve complètement fou d'en arriver la, c'est un énorme gâchis de temps d'argent, et de compétences.
J'ai trouvé sur la désencyclopédie, une définition du lieu de travail qui m'a bien fait rigoler (car très proche de ce que j'ai pu connaître). Cette page renvoi vers la page léchage de cul qui est énorme!!! A se demander si c'est pas mon supérieur qui l'a rédigée tellement ses idées sont proches de ce qui est écrit.
J'aurais pu faire le choix de rester dans l'entreprise afin d'essayer d'apporter ma pierre et de tenter d'améliorer la situation mais il me semble que la tâche est ardue tellement l'inertie, la paresse, et la démoralisation sont grandes... Je me suis, je pense, suffisamment battu pour arriver à obtenir la reconnaissance de mon diplôme (avec deux ans de retard). J'ai peu d'espoir pour l'avenir de l'entreprise et je pense qu'elle ne se remettra en cause qu'après une bonne crise... C'est dommage, mais il semblerait que l'entreprise fonctionne de la même façon que la société dans laquelle elle existe...
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